De Belem,un Monument

Le Belem, patrimoine de la voile naviguant

Le Belem est lancé en 1896 à Nantes (FR). Le trois-mâts en acier a été construit, à la demande de Denis Croaun Fils, aux chantiers navals de Dubigeon au bord de la Loire. Le navire est baptisé Belem parce que l’armateur voulait exploiter une ligne de cacao fixe entre la France et le Brésil. Ce navire marchand, avec ses lignes gracieuses, est un navire plutôt petit mais solide, pouvant facilement effectuer la traversée. Le Belem a traversé l’Atlantique 33 fois jusqu’au déclenchement de la Première Guerre mondiale.

Au début de la Première Guerre mondiale, son rôle en tant que navire de transport prend fin. Les bateaux à vapeur, plus rapides, ont remplacé le commerce à la voile.

En 1914 le trois-mâts est acheté par le duc de Westminster et complètement transformé en yacht privé de luxe. Les mâts en bois sont remplacés par des mâts en acier et le yacht est motorisé.

La cale du navire est convertie en espace de vie et meublée. Des cabines, un rouf avec une balustrade victorienne, sont placés sur le pont arrière.

En 1921, Sir Arthur Guinness en devient le fier propriétaire et le renomme Fantôme 2. Il lui sert de bureau flottant pour gérer son empire, mais devient la proie des bombardements allemands pendant la Seconde Guerre mondiale.

Après la fin de la guerre, en 1951, un autre noble, le comte italien Vittoria Cini achète le navire dans le but de le convertir en navire-école pour les orphelins de marins et de pêcheurs. Le navire est réassemblé comme un « trois-mâts barque » et renommé Giorgio Cini en mémoire de son fils décédé. Au début des années 60, ne répondant plus aux nouvelles normes de sécurité, il est finalement vendu à un chantier vénitien, qui le remet à neuf, puis le vend.

En 1979, un groupe d’hommes d’affaires français tente de remettre le navire sous pavillon français. L’initiative est un franc succès, grâce aux efforts de milliers de mécènes et de la Caisse d’Épargne. En 1980, la fondation Belem est créée. Elle gère l’exploitation et le maintien en état du voilier qui a été rééquipé d’un gréement de barque. Il devient un monument de la voile en 1984. Tel un phénix, le Belem est ressuscité dans toute sa gloire après 4 vies. Depuis l’exploitation du Belem par la « fondation », 30000 personnes de toutes origines ont déjà embarqué pour un stage de voile. En plus de sa valeur ajoutée pédagogique, de ses lignes élégantes, il est le plus ancien ambassadeur navigant à la voile de France.